-NOTE DE PRESSE- Le Centre pour la Libre Entreprise et la Démocratie (CLED) a pris connaissance de la note de presse fixant la position d'une dizaine d'associations patronales sur des points d'actualité intéressant la Nation, notamment la tenue des élections inscrites à l'agenda de l'actuel conseil électoral provisoire et la possibilité de changements dans la constitution de 1987. Ces questions sont cruciales pour l'avenir de notre pays et les réponses qu'elles appellent doivent s'interdire de mettre en cause la fragile stabilité politique du pays et doivent, au contraire, contribuer à l'approfondissement et la consolidation du processus démocratique en cours. Pour cette raison, elles doivent être abordées avec sérénité, tant par la société civile que par les pouvoirs publics, exigeant de chacun de nous un effort gigantesque pour transcender la logique du combat politique partisan. Le CLED souhaiterait, par la présente, apporter sa contribution au débat actuel en partageant avec le public les considérations suivantes : 1- Le renouvellement du tiers du Sénat.- Les élections devant permettre le renouvellement du tiers du Sénat devraient figurer sans ambages dans l'agenda de l'équipe dirigeante du pays. Un Sénat fort conscient de sa mission, s'y adonnant avec engagement et compétence, fonctionnant avec un haut niveau d'éthique est une pièce fondamentale dans l'effort de construction de notre démocratie. Nous croyons qu'il appartient à l'Exécutif de trouver les voies et moyens nécessaires afin d'éviter les dangers du vide institutionnel que pourrait constituer un Sénat amputé d'un tiers de ses membres. 2- Le Conseil électoral provisoire.- Il nous faut malheureusement prendre acte du fait que 20 ans après le vote de la Constitution de 1987 les dirigeants successifs du pays n'ont pas été en mesure de mettre en place le Conseil électoral permanent prévu dans notre charte fondamentale. Nous avons pu jusqu'ici tenir le pari d'élections plus ou moins régulières en compensant ce vide par l'adoption de consensus ad hoc pour la formation de conseils électoraux provisoires. Présentement, la société dans son ensemble ne peut ignorer les graves problèmes qui handicapent le fonctionnement du Conseil électoral provisoire actuel. Nous sommes condamnés encore une fois à trouver un consensus similaire, en nous laissant certes guider par le souci d'efficacité, sans pour autant sacrifier à une haute exigence éthique et morale. Nous exhortons par conséquent le Président de la République ainsi que le Parlement, autorités constituées et légitimes, à approfondir en urgence le dialogue avec le reste de la société en vue de rechercher et de trouver la solution garantissant l'intégrité du Sénat et son fonctionnement continu. 3- Un éventuel remaniement de notre Constitution.- Tous les rapports d'experts, les conclusions de nombreux colloques et conférences au niveau universitaire ainsi que l'analyse propre que nous faisons au sein de notre organisation nous placent face à l'évidence d'une constitution à changer ou amender. Le CLED reconnaît qu'une initiative coordonnée des trois Pouvoirs en vue de moderniser la Constitution de 1987 est un projet important pour le renforcement et le fonctionnement de la démocratie et de l'Etat de droit en Haïti. Notre histoire politique abonde malheureusement d'exemples d'initiatives des autorités publiques pour changer la constitution en vigueur dans la seule perspective de consolider le pouvoir du Chef de l'Etat. C'est à notre avis l'une des principales causes de la réticence exprimée par les différents secteurs. Il appartient à l'Exécutif de travailler à créer les conditions indispensables à un débat authentique organisé, structuré et serein autour d'une éventuelle révision de la Constitution. 4- Finalement il nous faut mettre en place les conditions indispensables au respect des échéances électorales et d'un climat politique apaisé. Dans ce sens, un environnement maîtrisé permettant à la population habitant dans des zones à risques de ne pas avoir peur à chaque pluie, une distribution rationnelle du courant électrique, un climat sécuritaire, la mise en branle immédiate de grands chantiers de travaux publics constituent à notre avis les priorités de l'heure et seraient quelques unes des petites victoires facilitant la création de cet espace de dialogue constructif auquel nous aspirons. Le CLED exhorte, une fois de plus, le Président de la République, le Premier Ministre et le Gouvernement, le Parlement, les Maires, les responsables de Partis Politiques et d'organisations de la société civile à tout mettre en œuvre afin de sauvegarder les acquis des élections ouvertes et légitimes de 2006 et de continuer à travailler à l'émergence d'une Haïti démocratique et prospère. Port-au-Prince, 25 Octobre 2007